Conservation de l'éléphant d'Afrique en Éthiopie (2026) : statut et menaces
La population d'éléphants d'Éthiopie est passée de plus de 10 000 individus dans les années 1970 à seulement 2 500–3 000 aujourd'hui, soit un déclin de 90 % dû au braconnage pour l'ivoire, à la perte d'habitat et aux conflits entre humains et éléphants. Les récentes initiatives de conservation et opérations anti-braconnage commencent à porter leurs fruits.

Statut de conservation 2026 : critique
Population : Environ 2 500–3 000 éléphants d'Afrique (Loxodonta africana) vivent encore en Éthiopie, soit une baisse de 90 % par rapport aux plus de 10 000 individus des années 1970. Statut UICN : En danger (éléphant de savane d'Afrique). Menaces principales : braconnage pour l'ivoire (91,6 % des parties prenantes le considèrent comme une menace), non-application du droit de la faune sauvage (94,4 %) et fragmentation de l'habitat. Perspectives de conservation : stables mais précaires ; les capacités de lutte contre le braconnage et la participation des communautés s'améliorent, mais le financement reste irrégulier.
Pourquoi les éléphants d'Afrique sont importants en Éthiopie
Les éléphants d'Afrique sont des espèces clés : leurs déplacements, leur alimentation et leur utilisation de l'habitat façonnent des écosystèmes entiers. En Éthiopie, ils dispersent les graines dans de vastes savanes et zones boisées, entretiennent les prairies et créent des points d'eau dont dépendent d'autres animaux sauvages. Sur le plan culturel, les éléphants sont des symboles emblématiques de l'Afrique ; sur le plan économique, ils génèrent des revenus touristiques qui financent la conservation et l'emploi local. Pourtant, les populations d'éléphants d'Éthiopie comptent parmi les plus fragmentées et isolées d'Afrique, confinées dans des aires protégées dispersées à travers le pays.
On trouve des éléphants dans les aires protégées de Gambella, d'Omo, de Mago, de Chebera Churchura, de Gura Ferda, de Kafta-Sheraro, de Babile, de Geralle, de Dabus et d'Altash. La population la plus étudiée occupe le sanctuaire des éléphants de Babile, dans l'est de l'Éthiopie, où les chercheurs estiment ses effectifs entre 217 et 897 individus (428 en moyenne), avec une densité de seulement 0,14 éléphant/km².
Le déclin : de 10 000 à 2 500 éléphants
Dans les années 1970, l'Éthiopie abritait plus de 10 000 éléphants. Aujourd'hui, ce nombre est tombé à 2 500–3 000, soit une perte vertigineuse de 90 % en environ 50 ans. Cette évolution reflète une crise à l'échelle du continent : les populations d'éléphants d'Afrique sont passées d'environ 12 millions il y a un siècle à quelque 415 000 aujourd'hui, et au moins 20 000 éléphants sont tués chaque année en Afrique pour leurs défenses.
Les causes du déclin éthiopien sont bien documentées et étroitement liées :
Braconnage pour l'ivoire : la cause principale
Le braconnage pour l'ivoire constitue la menace la plus visible et la plus immédiate. Lors d'une enquête menée auprès des parties prenantes du sanctuaire des éléphants de Babile (experts de la faune sauvage, gardes, employés du parc et membres des communautés), 91,6 % ont identifié la chasse pour l'ivoire comme une menace majeure pour la survie des éléphants. Le commerce mondial de l'ivoire, malgré les restrictions internationales, continue d'alimenter la demande en Asie et ailleurs. Les braconniers ciblent les éléphants de manière stratégique, organisant souvent leurs raids pendant les périodes de fêtes, lorsque les effectifs des parcs sont réduits.
Le bilan est tragique : des gardes du parc de Babile ont été tués lors d'affrontements directs avec des braconniers, et la petite population isolée du sanctuaire est particulièrement vulnérable aux réseaux locaux de braconnage.
Perte et fragmentation de l'habitat
La perte d'habitat est la deuxième grande menace à long terme. La croissance démographique en Éthiopie a transformé de vastes zones de l'aire de répartition des éléphants en terres agricoles, zones d'habitation et pâturages. Les recherches identifient l'agriculture de subsistance et le surpâturage du bétail comme les deuxième et troisième menaces les plus répandues dans les aires protégées d'Éthiopie. Comme seule une fraction de leur aire historique reste disponible, les populations d'éléphants ne peuvent pas retrouver leurs effectifs d'autrefois : les terres ne peuvent tout simplement plus les nourrir.
Faible application de la loi
Le constat le plus préoccupant est peut-être le suivant : 94,4 % des parties prenantes de Babile ont signalé le non-respect de la loi comme une menace majeure. Cela reflète le sous-financement chronique des patrouilles, le manque d'équipement, les capacités limitées des autorités judiciaires et la corruption. De nombreux services éthiopiens chargés de la faune sauvage ont subi de sévères coupes budgétaires, parfois de l'ordre de 90 % ou davantage, rendant presque impossible la mise en œuvre d'opérations anti-braconnage efficaces.
Conflits entre humains et éléphants
À mesure que leur habitat se réduit, les éléphants s'aventurent de plus en plus dans les terres agricoles à la recherche de nourriture, détruisant les cultures et les infrastructures. Les agriculteurs et propriétaires fonciers réagissent par la force létale, créant un cercle vicieux de persécution. Le changement climatique aggrave la situation : les sécheresses réduisent l'eau et le fourrage dans les aires protégées, obligeant les éléphants à chercher des ressources dans des paysages dominés par l'homme. Contrairement à certaines régions où les programmes de dissuasion non létale ont réussi, les mesures d'atténuation des conflits restent peu développées en Éthiopie.
Initiatives de conservation et opérations anti-braconnage
Malgré cette situation alarmante, l'Éthiopie a lancé plusieurs programmes de conservation coordonnés :
Plan d'action national pour les éléphants (2015–2025)
L'Ethiopian Wildlife Conservation Authority (EWCA) a élaboré le plan d'action national éthiopien pour les éléphants (2015–2025) afin de coordonner la conservation dans l'ensemble des États de l'aire de répartition de l'espèce. Ce plan donne la priorité à la lutte contre le braconnage, à la protection de l'habitat, à l'atténuation des conflits entre humains et éléphants et à la recherche. Toutefois, sa mise en œuvre a été freinée par l'irrégularité des financements et par les problèmes de sécurité dans certaines régions.
Renseignement de terrain et application de la loi
En 2023, The African Elephant Fund a soutenu un projet intitulé "Améliorer les capacités de renseignement de terrain et d'enquête sur l'ivoire et les autres crimes contre la faune sauvage en Éthiopie", en partenariat avec l'EWCA. Cette initiative visait à renforcer les capacités d'enquête, à démanteler les réseaux de trafic et à poursuivre les contrebandiers d'ivoire. L'EWCA a également déployé des chiens renifleurs aux postes-frontières afin d'intercepter les produits illégaux issus de la faune sauvage.
Évaluation du paysage Omo-Gambella
L'African Elephant Conservation Fund du U.S. Fish and Wildlife Service a soutenu une évaluation de l'état et des menaces pesant sur la population d'éléphants dans le paysage Omo-Gambella, au sud-ouest de l'Éthiopie, en partenariat avec l'EWCA. Des relevés terrestres et aériens ont permis de cartographier la répartition actuelle des éléphants, d'identifier les zones de conflit et d'élaborer un plan de conservation à l'échelle du paysage, dans le cadre d'une initiative transfrontalière avec le Soudan du Sud.
Sanctuaire des éléphants de Babile : en première ligne
Le sanctuaire des éléphants de Babile, l'un des principaux bastions de l'espèce en Éthiopie, reste soumis à une pression constante. Le personnel du parc doit composer avec des ressources insuffisantes et des conditions dangereuses. La petite population isolée du sanctuaire, estimée entre 217 et 897 individus, possède une grande valeur génétique mais demeure démographiquement fragile, donc très vulnérable aux recrudescences du braconnage et aux chocs environnementaux. Les récents efforts de conservation visent à renforcer les capacités des gardes et la participation des communautés dans la région environnante de Harar.
Gestion du parc national de Kafta-Sheraro
L'EWCA a élaboré un plan général de gestion (2018–2028) pour le parc national de Kafta-Sheraro, dans le nord de l'Éthiopie, en faisant de la conservation des éléphants une priorité. Le plan prévoit la restauration de l'habitat, une stratégie anti-braconnage et l'intégration des moyens de subsistance des communautés. Toutefois, les problèmes de sécurité dans la région ont périodiquement perturbé sa mise en œuvre.
Technologies et formation des gardes
Des projets récents ont équipé les gardes de GPS, de jumelles à vision nocturne et de systèmes de radiocommunication afin d'améliorer l'efficacité des patrouilles. Les programmes de formation portent sur la collecte de preuves, les procédures d'arrestation et la participation des communautés. Cependant, les salaires des gardes restent faibles et il est difficile de fidéliser le personnel dans les zones isolées et dangereuses.
Participation des communautés et solutions alternatives de subsistance
La réussite de la conservation en Éthiopie dépend des communautés locales, dont beaucoup vivent à proximité des aires protégées et ont historiquement compté sur le braconnage pour leurs revenus. Les programmes proposant des moyens de subsistance alternatifs (emplois dans l'écotourisme, agriculture durable, formation à la création d'entreprise) ont fait leurs preuves dans d'autres pays africains, mais le financement de telles initiatives reste sporadique en Éthiopie.
Les modèles de conservation fondés sur le tourisme, dans lesquels les visiteurs internationaux réservent des safaris animaliers générant des revenus pour la gestion des parcs et le partage des bénéfices avec les communautés, offrent une voie d'avenir. Lorsque les voyageurs visitent les aires protégées d'Éthiopie de manière responsable, leurs dépenses financent les salaires des gardes, les opérations anti-braconnage et le développement communautaire.
Résultats, revers et bilan sans détour
Ce qui fonctionne
- Coopération transfrontalière : les efforts de collaboration de l'Éthiopie avec le Soudan du Sud (paysage de Gambella), ainsi que les possibilités de coopération avec le Kenya, témoignent d'une évolution vers une conservation à l'échelle des paysages.
- Amélioration du renseignement : les opérations de lutte contre le trafic et le renforcement des capacités médico-légales ont perturbé certains réseaux de contrebande d'ivoire et donné lieu à des poursuites.
- Extension des aires protégées : ces dernières années, l'Éthiopie a créé plusieurs nouvelles aires protégées, augmentant les territoires disponibles pour la conservation des éléphants.
- Financements internationaux : The African Elephant Fund, le U.S. Fish and Wildlife Service et l'Union européenne ont maintenu des financements pluriannuels pour les projets éthiopiens consacrés aux éléphants, alors que les financements destinés à d'autres pays africains ont fluctué.
Ce qui reste problématique
- Le déclin se poursuit : malgré ces efforts, les effectifs d'éléphants ne se sont pas stabilisés ; le braconnage, la perte d'habitat et les conflits entre humains et éléphants continuent de réduire les populations.
- Contraintes budgétaires : l'EWCA et les autorités des parcs fonctionnent avec une fraction des budgets nécessaires, ce qui limite le recrutement des gardes, l'entretien du matériel et les programmes communautaires.
- Isolement et fragmentation : les populations d'éléphants d'Éthiopie sont réparties dans des aires protégées non reliées entre elles, ce qui empêche les migrations naturelles et les échanges génétiques. Les petites populations isolées présentent un risque élevé d'extinction locale.
- Braconnage persistant : malgré les efforts de lutte, le braconnage pour l'ivoire continue, en particulier dans les sanctuaires isolés. La demande mondiale d'ivoire n'a pas suffisamment diminué pour supprimer les incitations financières des braconniers.
- Vulnérabilité climatique : les sécheresses récurrentes dans la Corne de l'Afrique poussent les éléphants vers des zones de conflit et fragilisent les écosystèmes des aires protégées. Les stratégies d'adaptation climatique pour la conservation des éléphants restent peu développées en Éthiopie.
Contexte comparatif récent
À l'inverse des difficultés rencontrées par l'Éthiopie, certains pays africains ont obtenu des résultats spectaculaires en matière de conservation. Dans le parc national de Zakouma, au Tchad, aucun éléphant n'a été braconné entre 2016 et 2024, et la population augmente pour la première fois depuis plusieurs décennies. Le parc national d'Akagera, au Rwanda, ainsi que plusieurs réserves du Malawi, ont également inversé la tendance au braconnage grâce à un déploiement intensif de gardes, à la participation des communautés et au soutien international. Ces réussites montrent que le rétablissement des populations d'éléphants est possible, mais seulement grâce à des financements durables, à un engagement politique et à la sécurité.
Comment les voyageurs peuvent soutenir la conservation des éléphants
Les visiteurs de l'Éthiopie peuvent contribuer concrètement à la conservation des éléphants de plusieurs façons :
- Réserver des safaris responsables : choisissez des opérateurs et des guides formés à l'éthique de la faune sauvage et qui reversent une partie de leurs revenus à des programmes locaux de conservation et de développement communautaire. SafariFind met les voyageurs en relation avec des opérateurs de safari contrôlés et engagés dans la conservation en Éthiopie.
- Soutenir le tourisme communautaire : séjournez dans des lodges gérés par les communautés et faites appel à des guides locaux, afin que les revenus du tourisme bénéficient directement aux populations vivant aux côtés des éléphants.
- Éviter l'ivoire et les produits issus de la faune sauvage : n'achetez jamais d'ivoire d'éléphant, de peaux ou d'autres produits issus de la faune sauvage, quelles que soient les affirmations concernant leur légalité. Ces achats alimentent la demande de braconnage.
- S'informer et sensibiliser : partagez avec vos proches et sur les réseaux sociaux ce que vous apprenez sur la crise des éléphants en Éthiopie. La pression de l'opinion publique sur les gouvernements et les entreprises a souvent favorisé des changements politiques.
- Soutenir les organisations de conservation : faites un don à des organisations comme The African Elephant Fund, l'EWCA et leurs partenaires internationaux qui travaillent directement en Éthiopie.
- Exiger de la transparence : lors de la réservation d'un safari, demandez aux opérateurs quels sont leurs partenariats de conservation et comment ils mesurent leur impact.
La voie à suivre : les mesures indispensables
Les populations d'éléphants d'Éthiopie ne se rétabliront pas sans une approche multidimensionnelle :
- Des financements durables et prévisibles : une décennie de financements irréguliers a fragilisé les efforts de conservation. Des engagements à long terme de la part des bailleurs bilatéraux, des banques multilatérales et des fondations privées sont indispensables.
- La connectivité des paysages : la création de corridors pour la faune sauvage entre les aires protégées fragmentées permettrait aux éléphants de se déplacer librement, de réduire la consanguinité et d'améliorer leur résilience.
- Des mesures sur la demande : réduire la demande mondiale d'ivoire par l'éducation des consommateurs, l'application de la CITES et le soutien à des moyens de subsistance alternatifs dans les pays consommateurs d'ivoire est aussi important que la lutte contre le braconnage sur le terrain.
- L'adaptation au changement climatique : intégrer une gestion des terres résiliente au climat et la collecte de l'eau dans les aires protégées aidera les éléphants et les autres animaux sauvages à résister aux sécheresses.
- La coexistence entre humains et éléphants : développer les mesures d'atténuation non létales (clôtures de ruches, systèmes communautaires d'alerte précoce, assurance récolte) réduira la persécution et renforcera le soutien local à la conservation.
- Le bien-être des gardes : augmenter les salaires, améliorer l'équipement, la formation et la sécurité des gardes favorisera leur fidélisation et leur efficacité opérationnelle.
Dernière révision : août 2026
Les données de conservation évoluent rapidement. Pour consulter les dernières estimations de population, statistiques de braconnage et actualités des programmes, reportez-vous aux sources citées ci-dessous ainsi qu'au site de l'IUCN African Elephant Specialist Group.
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Foire aux questions
Combien reste-t-il d'éléphants en Éthiopie en 2026 ?
Selon les responsables de la faune sauvage, il reste environ 2 500 à 3 000 éléphants d'Afrique en Éthiopie. Cela représente une baisse de 90 % par rapport aux plus de 10 000 éléphants des années 1970. La population la plus étudiée, dans le sanctuaire des éléphants de Babile, dans l'est de l'Éthiopie, est estimée entre 217 et 897 individus. Ces populations sont fortement fragmentées dans plusieurs aires protégées et restent soumises à une forte pression due au braconnage et à la perte d'habitat.
Pourquoi les éléphants sont-ils braconnés en Éthiopie ?
Les éléphants sont principalement braconnés pour leurs défenses en ivoire, très recherchées sur le marché noir international, notamment en Asie. Lors d'une enquête auprès des parties prenantes du sanctuaire des éléphants de Babile, 91,6 % ont identifié la chasse pour l'ivoire comme une menace majeure. Malgré les restrictions internationales sur le commerce de l'ivoire, la demande persiste et les braconniers sont organisés et bien équipés. Ils ciblent souvent les éléphants pendant les périodes de fêtes, lorsque les effectifs des parcs sont réduits.
Quels sont les principaux programmes de conservation qui protègent les éléphants en Éthiopie ?
Les principaux programmes comprennent le plan d'action national éthiopien pour les éléphants (2015–2025), dirigé par l'Ethiopian Wildlife Conservation Authority (EWCA) ; le projet soutenu par The African Elephant Fund sur le renseignement de terrain et les enquêtes sur les crimes contre la faune sauvage (2023) ; ainsi que l'évaluation du paysage Omo-Gambella financée par le U.S. Fish and Wildlife Service. L'EWCA a également déployé des chiens renifleurs aux postes-frontières pour intercepter le trafic d'ivoire. Toutefois, la mise en œuvre est freinée par un sous-financement chronique et des problèmes de sécurité dans certaines régions.
Qu'est-ce que le conflit entre humains et éléphants en Éthiopie et quel est son impact sur la conservation ?
À mesure que l'expansion humaine réduit l'habitat des éléphants, ceux-ci s'introduisent de plus en plus dans les exploitations agricoles à la recherche de nourriture, détruisant les cultures et les infrastructures. Les agriculteurs recourent à la force létale pour protéger leurs moyens de subsistance. Le changement climatique, notamment les sécheresses dans la Corne de l'Afrique, intensifie le conflit en réduisant l'eau et le fourrage dans les aires protégées et en poussant les éléphants vers les zones habitées. Pour y remédier, il faut des moyens de dissuasion non létaux (clôtures de ruches, systèmes d'alerte précoce) et des solutions alternatives de subsistance pour les communautés locales, des investissements qui restent insuffisants en Éthiopie.
Les populations d'éléphants d'Éthiopie se reconstituent-elles ?
Non. Malgré les efforts de conservation, les populations d'éléphants d'Éthiopie continuent de décliner. Le braconnage, la perte d'habitat et les conflits entre humains et éléphants continuent de réduire leurs effectifs. Contrairement à certains pays africains, comme le Tchad, où le parc national de Zakouma n'a connu aucun cas de braconnage d'éléphant depuis 2016 et où la population augmente, les aires protégées fragmentées et sous-financées de l'Éthiopie n'ont pas encore inversé la tendance. Des financements durables et prévisibles ainsi qu'une connectivité à l'échelle des paysages sont essentiels au rétablissement des populations.
Quel est le statut de conservation des éléphants d'Afrique en Éthiopie selon l'UICN ?
En 2021, l'UICN a reconnu deux espèces distinctes d'éléphants d'Afrique. L'éléphant de savane d'Afrique (Loxodonta africana), présent en Éthiopie, est classé En danger. L'éléphant de forêt d'Afrique (Loxodonta cyclotis), absent d'Éthiopie, est classé En danger critique. Les éléphants d'Éthiopie sont des éléphants de savane, et leur statut En danger reflète le déclin de 60 % de la population au cours des 50 dernières années dans l'ensemble de leur aire de répartition.
Comment le tourisme contribue-t-il à la protection des éléphants en Éthiopie ?
Lorsque les voyageurs visitent les aires protégées d'Éthiopie dans le cadre de safaris animaliers responsables, leurs dépenses financent la gestion des parcs, les salaires des gardes, les opérations anti-braconnage et le développement communautaire. Les revenus touristiques incitent économiquement les communautés locales à protéger les éléphants plutôt qu'à les braconner. Pour maximiser l'impact sur la conservation, choisissez des opérateurs transparents sur leurs partenariats de conservation, qui reversent un pourcentage de leurs revenus aux programmes locaux et emploient et forment des guides locaux.
Que puis-je faire pour aider à protéger les éléphants d'Éthiopie ?
Vous pouvez : (1) réserver des safaris favorables à la conservation auprès d'opérateurs contrôlés qui soutiennent financièrement les programmes anti-braconnage et communautaires ; (2) éviter d'acheter de l'ivoire et des produits issus de la faune sauvage ; (3) soutenir par vos dons des organisations comme The African Elephant Fund et l'EWCA ; (4) informer votre entourage sur le commerce de l'ivoire et la conservation des éléphants ; et (5) exiger des opérateurs de safari qu'ils fassent preuve de transparence quant à leur impact sur la conservation. Chaque réservation de safari qui soutient les communautés locales et la protection des parcs contribue à la survie des éléphants.
Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur les éléphants d'Éthiopie, en dehors du braconnage ?
La perte et la fragmentation de l'habitat sont des menaces majeures à long terme. La croissance démographique a transformé de vastes territoires occupés par les éléphants en terres agricoles et zones habitées, confinant les animaux dans de petites aires protégées isolées qui ne peuvent pas accueillir de grandes populations. Le surpâturage du bétail et l'agriculture de subsistance sont répandus au sein des aires protégées. Le changement climatique, notamment les sécheresses récurrentes, réduit l'eau et le fourrage et pousse les éléphants vers les zones de conflit. La faiblesse de l'application de la loi, identifiée comme une menace par 94,4 % des parties prenantes, compromet tous les efforts de conservation.
Existe-t-il des réussites en matière de conservation des éléphants en Éthiopie ?
Oui, même si elles restent modestes. Les initiatives de conservation transfrontalière entre l'Éthiopie et le Soudan du Sud, dans le paysage de Gambella, sont prometteuses. Les récentes opérations de lutte contre le trafic ont perturbé certains réseaux de contrebande d'ivoire et donné lieu à des poursuites. L'extension des aires protégées et l'amélioration de la formation des gardes dans certains sites ont ralenti, sans toutefois inverser, le déclin des populations. Ces réussites restent cependant fragiles et sous-financées au regard de l'ampleur du défi. Des pays voisins comme le Tchad et le Rwanda ont obtenu des inversions plus spectaculaires du déclin des éléphants, démontrant qu'un rétablissement est possible avec des investissements suffisants.
Pourquoi le sanctuaire des éléphants de Babile est-il si important ?
Le sanctuaire des éléphants de Babile, dans l'est de l'Éthiopie, est l'un des bastions les plus importants de l'espèce dans le pays, avec une population estimée entre 217 et 897 individus. Il abrite également l'une des populations les plus étudiées d'Éthiopie, fournissant des données essentielles sur l'écologie, les menaces et la gestion de l'espèce. Toutefois, sa petite population isolée possède une grande valeur génétique mais reste démographiquement fragile, donc très vulnérable au braconnage et aux chocs environnementaux. Des gardes du parc ont été tués lors d'affrontements avec des braconniers et le sanctuaire souffre d'un manque chronique de ressources.
Quel est l'impact du changement climatique sur les éléphants en Éthiopie ?
Le changement climatique, notamment les sécheresses récurrentes dans la Corne de l'Afrique, réduit la disponibilité de l'eau et la qualité du fourrage dans les aires protégées. Les éléphants sont contraints de quitter les sanctuaires à la recherche de nourriture et d'eau, s'aventurant dans les terres agricoles et les zones habitées, où ils endommagent les cultures et s'exposent à des représailles létales. Les sécheresses fragilisent également les autres espèces sauvages et réduisent la capacité d'accueil des aires protégées. Des stratégies d'adaptation climatique, telles que la collecte de l'eau, la gestion d'une végétation résistante à la sécheresse et la restauration des corridors, sont essentielles à la conservation des éléphants en Éthiopie sur le long terme, mais restent peu développées.
V2Ui.sources
- Protect Elephants, Protect the Future - InfoNile
- Slowing Population Growth: Key to Saving Elephants
- Ecological studies and Threats on African elephant (Loxodonta africana) in Babile Elephant Sanctuary, Eastern Ethiopia
- International Journal of Biodiversity and Conservation - threats and their relative severity and driving forces in the african elephant range wildlife protected areas of ethiopia
- Project reports | The African Elephant Fund
- African Elephant Conservation Fund(official)
- Save the Elephants - African Parks(official)
- African forest elephant: threats and conservation
- 2024-2025 Report of the IUCN Species Survival Commission - African Elephant Specialist Group
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