Lutte contre le braconnage au Burundi en 2026 — Criminalité liée aux espèces sauvages et conservation
Les aires protégées du Burundi subissent une pression croissante du braconnage, due au commerce de viande de brousse et à la perte d'habitat. Les initiatives de lutte contre le braconnage menées par les communautés et les réseaux transfrontaliers de gardes forestiers émergent comme des défenses essentielles, même si les financements et les capacités d'application de la loi restent limités.

Lutte contre le braconnage au Burundi en 2026 : situation actuelle
La faune sauvage du Burundi subit une forte pression du braconnage, notamment en raison de la chasse à la viande de brousse dans ses réserves protégées. Même si le pays ne connaît pas les crises très médiatisées liées aux éléphants et aux rhinocéros d'Afrique orientale et australe, la chasse illégale aux petits mammifères, aux oiseaux et aux antilopes forestières menace la biodiversité dans des réserves comme Kibira et Rusizi. Les dégâts causés par les feux de brousse aggravent ces menaces : les aires protégées du Burundi sont régulièrement touchées par des incendies — dont certains sont déclenchés volontairement — qui détruisent l'habitat et repoussent la faune vers des zones périphériques accessibles aux braconniers. Les capacités de lutte contre le braconnage restent limitées par rapport à celles des pays voisins, mais la mobilisation des communautés et la coordination transnationale des gardes forestiers commencent à faire évoluer la situation.
Pourquoi la lutte contre le braconnage est importante au Burundi
Le Burundi, petit pays d'Afrique orientale et centrale, abrite des écosystèmes forestiers et humides essentiels à des espèces endémiques et migratrices. Les trois principales aires protégées du pays — le parc national de Kibira, le parc national de Rusizi et le parc national de Ruvubu — constituent des corridors de biodiversité partagés avec le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo. Ces réserves servent de refuge aux éléphants de forêt, aux buffles, aux hippopotames, à diverses espèces d'antilopes et à des oiseaux en danger critique d'extinction. Cependant, la pauvreté, la faible capacité de l'État et la porosité des frontières rendent ces parcs vulnérables aux réseaux organisés de braconnage et de trafic de viande de brousse, qui s'étendent jusqu'aux marchés régionaux.
Contrairement au commerce de l'ivoire et de la corne de rhinocéros qui fait la une au Kenya ou au Zimbabwe, le principal moteur du braconnage au Burundi est la chasse de subsistance et commerciale à la viande de brousse. Des chasseurs locaux et des réseaux organisés tuent des animaux sauvages pour se procurer des protéines et des revenus, ciblant aussi bien les espèces communes que les espèces forestières rares. Cette « crise invisible » — comme la décrivent les chercheurs en conservation — touche chaque année des millions d'animaux africains et reste souvent absente des statistiques mondiales sur la criminalité liée aux espèces sauvages.
Principales menaces pour la faune sauvage du Burundi
Braconnage de viande de brousse et chasse illégale
Le braconnage de viande de brousse constitue la principale forme de criminalité liée aux espèces sauvages dans les aires protégées du Burundi. Des collets, des pièges à câble et des fusils sont utilisés pour tuer des antilopes, des céphalophes, des damans et d'autres petits ongulés destinés aux marchés urbains et au commerce transfrontalier. Contrairement au trafic d'ivoire à forte valeur, les infractions liées à la viande de brousse sont plus difficiles à détecter et à poursuivre, alors que leur impact cumulé sur la viabilité des populations est considérable. Dans les aires protégées voisines où les capacités des gardes se sont améliorées — comme au parc national de Nouabale Ndoki, en République du Congo — les équipes chargées de l'application de la loi ont saisi des milliers de collets : une opération a permis de récupérer 3 875 collets et 2 743 kg de viande de brousse illégale, illustrant l'ampleur du commerce.
Perte d'habitat et dégâts causés par les feux de brousse
Les réserves du Burundi font face à une menace qui s'aggrave : les feux de brousse incontrôlés. Les incendies dans les aires protégées sont interdits par la loi, mais des feux hors de contrôle — certains volontaires, d'autres accidentels — détruisent des habitats essentiels et fragmentent les corridors de déplacement de la faune. Lorsque la végétation brûle, les animaux sont repoussés vers des terres agricoles non protégées et deviennent des cibles plus faciles pour les braconniers. Le stress climatique et l'expansion des zones habitées augmentent la fréquence des incendies, créant un cercle vicieux de dégradation de l'habitat et de vulnérabilité accrue au braconnage.
Faibles capacités d'application de la loi et corruption
L'autorité burundaise chargée de la faune dispose de financements, de formations et d'équipements limités par rapport à ses homologues régionaux. Les équipes de gardes forestiers sont souvent mal rémunérées, insuffisamment équipées et stationnées dans des zones reculées bénéficiant d'un soutien logistique minimal. Cette situation les rend vulnérables à la corruption : des gardes sous-payés peuvent fermer les yeux sur le braconnage, voire y participer. Le braconnage transfrontalier est particulièrement difficile à combattre : des chasseurs venus des pays voisins profitent du contrôle limité des frontières pour accéder aux réserves du Burundi et s'enfuir avec leur contrebande.
Pauvreté et moyens de subsistance alternatifs
Les communautés rurales qui vivent autour des parcs burundais dépendent fortement de l'exploitation des ressources naturelles pour survivre. La chasse, la pêche et l'exploitation du bois procurent des revenus immédiats lorsque l'emploi formel est rare. Sans solutions de remplacement viables, les populations locales ont peu de raisons de signaler les braconniers ou de protéger la faune. Cette dynamique — dans laquelle conservation et moyens de subsistance semblent s'opposer — est à l'origine de nombreux échecs de la lutte contre le braconnage en Afrique.
Lutte contre le braconnage au Burundi : programmes et organisations
Patrouilles de gardes forestiers et gestion des aires protégées
Les trois parcs nationaux du Burundi emploient des équipes de gardes forestiers chargées des patrouilles de lutte contre le braconnage sur le terrain. Le parc national de Kibira, la plus grande réserve forestière, dispose d'unités de gardes qui effectuent des patrouilles à pied et en véhicule afin d'intercepter les braconniers et de retirer les collets. Les gardes du parc national de Rusizi patrouillent les limites des zones humides pour protéger les populations d'hippopotames et d'oiseaux. Le parc national de Ruvubu (également appelé Ruvuvu) se concentre sur la protection des habitats de savane et des zones riveraines.
Ces équipes de gardes constituent la « première ligne de défense » contre le commerce illégal d'espèces sauvages. Toutefois, elles ne disposent généralement que d'armes à feu et d'uniformes rudimentaires, et non des technologies avancées ou des véhicules utilisés dans les parcs mieux dotés. Les briefings avant patrouille, la collecte de renseignements et la documentation des preuves restent inégaux d'une réserve à l'autre.
Mobilisation des communautés et réseaux locaux de gardes
Les organisations internationales de conservation actives en Afrique de l'Est ont identifié la mobilisation des communautés comme un facteur essentiel de réussite dans la lutte contre le braconnage. Des programmes financés par l'Union européenne et mis en œuvre avec des partenaires tels que l'International Fund for Animal Welfare (IFAW) et l'African Wildlife Foundation (AWF) ont formé des gardes communautaires dans la région du Grand Kilimandjaro et au-delà. Ces modèles sont adaptés au contexte burundais :
- Les agents de sensibilisation communautaire recueillent les doléances locales (dégâts aux cultures, accès à l'eau) et mettent les communautés en relation avec les autorités des parcs afin de renforcer la confiance.
- Les gardes communautaires — souvent recrutés dans les villages locaux — effectuent des patrouilles, signalent les activités de braconnage et contribuent au sauvetage d'animaux sauvages lors de situations de conflit.
- La formation aux moyens de dissuasion non létaux apprend aux agriculteurs à utiliser des lampes torches, des klaxons et d'autres méthodes pour éloigner les animaux sauvages, réduisant ainsi les conflits entre humains et animaux qui peuvent dégénérer en braconnage.
- Les patrouilles à moto se sont révélées efficaces dans les réserves d'Afrique de l'Est pour lutter contre le braconnage de viande de brousse, avec une baisse documentée des cas signalés là où des réseaux d'éclaireurs ont été mis en place.
Au Burundi, le recrutement de gardes communautaires en est encore à ses débuts, mais il progresse avec le soutien de réseaux régionaux de conservation et de financements de bailleurs.
Collecte de renseignements et coordination de l'application de la loi
Une lutte efficace contre le braconnage nécessite des renseignements sur les réseaux de braconnage, les itinéraires de trafic et les facteurs qui alimentent la demande. Les organisations de conservation privilégient une application de la loi fondée sur le renseignement : en cartographiant les réseaux de braconnage et en interceptant la contrebande avant sa sortie des aires protégées, les gardes peuvent démanteler les filières plutôt que de simplement réagir aux incidents. L'autorité burundaise chargée de la faune développe ses compétences en gestion des scènes de crime, collecte de preuves et coordination interinstitutionnelle avec les douanes et la police, même si les progrès restent inégaux.
La coordination transnationale est essentielle : les réseaux de braconnage opèrent au-delà des frontières. Les parcs du Burundi partagent des frontières avec le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo. Des patrouilles conjointes de gardes et des accords de partage de renseignements — inspirés d'initiatives réussies dans la région du Kilimandjaro — sont indispensables pour empêcher les braconniers d'exploiter les failles juridictionnelles.
Technologie et innovation
Les technologies avancées de lutte contre le braconnage — drones équipés de capteurs infrarouges, colliers de suivi de la faune dotés d'intelligence artificielle, systèmes d'alerte en temps réel — ont transformé les réserves africaines mieux financées. Par exemple, Animal Survival International (ASI) a soutenu l'unité anti-braconnage de Matetsi dans la région des chutes Victoria au Zimbabwe en remplaçant un bateau de patrouille et en fournissant un drone équipé d'une technologie infrarouge pour surveiller de vastes zones frontalières. Des outils similaires sont testés dans les parcs d'Afrique de l'Est, mais leur coût reste un obstacle pour les réserves burundaises sous-financées. Le renforcement des capacités en matière de pilotage de drones et d'analyse des données constitue une priorité pour les prochaines années.
Contexte régional : réseaux est-africains de lutte contre le braconnage
Le Burundi n'agit pas isolément. Les initiatives régionales de conservation — notamment celles coordonnées par la Communauté d'Afrique de l'Est et soutenues par des bailleurs tels que le département d'État américain — offrent des possibilités de partage des connaissances et d'application conjointe de la loi. L'étude stratégique américaine END Wildlife Trafficking de 2024 a documenté des résultats concrets des actions de lutte contre la criminalité soutenues par l'USAID en Afrique : l'Ouganda a enregistré 368 poursuites pour crimes liés aux espèces sauvages et 278 condamnations ; Madagascar a arrêté des trafiquants en possession de 59 tortues radiées ; et les gardes de la République du Congo ont saisi 3 875 collets et 2 743 kg de viande de brousse illégale. Le Burundi peut s'appuyer sur ces modèles éprouvés et sur l'expertise régionale pour renforcer ses propres capacités.
Le Rwanda, voisin du Burundi au nord, a adopté une boîte à outils pour les poursuites liées aux crimes contre la faune afin d'aider les enquêteurs et les procureurs — un cadre que le Burundi commence à étudier en vue de l'adapter. Ces réseaux d'apprentissage transfrontaliers sont essentiels compte tenu du caractère transnational de la criminalité liée aux espèces sauvages.
Le rôle des communautés et du tourisme dans le financement de la lutte contre le braconnage
Le tourisme de safari durable est une source essentielle de revenus pour la lutte contre le braconnage. Lorsque les visiteurs réservent des safaris dans les aires protégées du Burundi, les droits d'entrée, les honoraires des guides et les dépenses dans les lodges contribuent à la gestion des parcs et aux salaires des gardes. Sur SafariFind, les voyageurs peuvent comparer des séjours au lac Tanganyika et d'autres circuits favorables à la conservation qui financent directement la protection sur le terrain.
Au-delà des revenus directs, le tourisme crée une incitation économique pour les communautés à protéger la faune : lorsque les animaux sont vivants et visibles, ils attirent les touristes et génèrent des emplois. Ce modèle d'« activité compatible avec la conservation » — dans lequel les aires protégées génèrent des revenus durables — est essentiel pour réduire la pression du braconnage. Le secteur touristique burundais reste modeste, mais il se développe et pourrait renforcer le financement de la lutte contre le braconnage si sa promotion est responsable et si les revenus sont réinvestis de manière transparente dans la gestion des parcs.
Défis et revers
Déficits de financement
Les dépenses mondiales consacrées à la prévention de la criminalité liée aux espèces sauvages sont importantes, mais inégalement réparties. Dans 67 pays d'Afrique et d'Asie, environ $260 millions sont dépensés chaque année pour lutter contre cette criminalité — un montant qui peut sembler élevé, mais qui est réparti de manière très dispersée. Le Burundi n'en reçoit qu'une faible part, et les financements des bailleurs sont souvent temporaires et liés à des projets, plutôt que de fournir un soutien structurel durable aux salaires et aux opérations des gardes. Lorsque les financements prennent fin, les programmes s'effondrent.
Sécurité et départ des gardes forestiers
La lutte contre le braconnage est un travail dangereux. Dans le monde, plus de 150 gardes sont tués chaque année dans l'exercice de leurs fonctions de protection de la faune. Même si le Burundi n'a pas connu les conflits de braconnage militarisés observés en Afrique centrale, la sécurité des gardes reste une préoccupation. Les bas salaires, les mauvaises conditions de travail et l'absence de soutien aux familles poussent les gardes expérimentés à partir, ce qui réduit les connaissances institutionnelles et l'efficacité opérationnelle. Des initiatives comme « For Rangers », qui fournissent une assurance vie et un soutien familial, commencent à répondre à ce problème, mais les ressources restent limitées.
Corruption et complicité
Les gardes sous-payés sont vulnérables aux pots-de-vin. Les braconniers peuvent leur offrir de l'argent pour qu'ils ferment les yeux sur des activités illégales ou leur fournissent des informations sur les itinéraires de patrouille. Pour lutter contre la corruption, il faut non seulement améliorer les salaires, mais aussi mettre en place une gestion transparente, des mécanismes de responsabilisation et une surveillance communautaire. Les progrès du Burundi dans ce domaine sont graduels et se heurtent à des difficultés institutionnelles.
Dégâts causés par les feux de brousse et stress climatique
Les aires protégées du Burundi continuent de subir des feux de brousse incontrôlés, certains volontaires (pour défricher des terres destinées à l'agriculture ou à la chasse) et d'autres provoqués par les sécheresses liées au climat. La gestion des incendies et la restauration des habitats nécessitent beaucoup de ressources et restent souvent sous-financées. Sans investissements dans la prévention des incendies et le reboisement, la pression du braconnage ne fera qu'augmenter à mesure que l'habitat se réduit.
Progrès et réussites documentés
Malgré ces difficultés, certains signes sont encourageants :
- Réseaux transnationaux de gardes : les parcs du Burundi coordonnent de plus en plus leurs actions avec les gardes du Rwanda, de Tanzanie et de la RDC dans le cadre de forums régionaux, améliorant le partage de renseignements et les patrouilles conjointes.
- Recrutement de gardes communautaires : les communautés locales sont formées et employées comme gardes, ce qui renforce l'adhésion locale et réduit le braconnage au sein des communautés.
- Politique relative aux feux de brousse : la loi burundaise interdisant les incendies dans les aires protégées est appliquée plus régulièrement, les équipes de gardes intervenant contre les mises à feu illégales.
- Soutien des bailleurs : les organisations internationales de conservation (ASI, IFAW, AWF, C.R.O.W.) renforcent leur engagement en Afrique orientale et centrale, apportant des financements, des formations et des technologies à la région.
Dans des réserves comparables où les investissements dans la lutte contre le braconnage ont été maintenus — comme au parc national de North Luangwa en Zambie, où aucun cas de braconnage n'a été enregistré depuis la réintroduction des rhinocéros en 2003 — les bénéfices sont évidents. Les réserves du Burundi pourraient obtenir des résultats similaires grâce à un engagement durable.
Comment les voyageurs peuvent soutenir la lutte contre le braconnage au Burundi
Le tourisme responsable finance directement la conservation :
- Réserver auprès d'opérateurs certifiés en matière de conservation : choisissez des entreprises de safari qui affectent de manière transparente une partie des frais à la gestion des parcs et aux salaires des gardes.
- Visiter les aires protégées : vos droits d'entrée soutiennent les opérations de lutte contre le braconnage sur le terrain. Les safaris pédestres au parc national de Rusizi et les circuits au parc national de Kibira sont des options facilement accessibles.
- Soutenir le tourisme communautaire : séjournez dans des lodges appartenant à des acteurs locaux et faites appel à des guides locaux afin que les revenus profitent aux communautés voisines des réserves.
- Adopter un comportement respectueux : suivez les consignes des gardes, restez sur les sentiers désignés et signalez aux autorités du parc toute activité de braconnage dont vous êtes témoin.
- Faire un don directement : des organisations comme Animal Survival International, C.R.O.W. et les groupes régionaux de conservation acceptent des dons destinés spécifiquement à la formation et à l'équipement des gardes engagés dans la lutte contre le braconnage en Afrique orientale et centrale.
Le tourisme n'est pas une solution miracle au braconnage, mais lorsqu'il est structuré de manière à profiter aux communautés et à financer les gardes, il crée de puissantes incitations à protéger la faune.
Perspectives : lutte contre le braconnage au Burundi en 2026 et au-delà
La lutte contre le braconnage au Burundi se trouve à un tournant. Le pays fait face à de véritables contraintes — faibles capacités de l'État, pauvreté, perte d'habitat — mais bénéficie aussi d'un soutien régional sans précédent et d'une attention mondiale accrue portée à la criminalité liée aux espèces sauvages. Les priorités pour les 2–3 prochaines années sont notamment :
- Développer les réseaux de gardes communautaires et garantir des salaires durables.
- Investir dans la formation des gardes à la gestion des scènes de crime, à la conservation des preuves et au soutien aux poursuites.
- Déployer des technologies abordables (drones, pièges photographiques, colliers GPS) dans les réserves prioritaires.
- Renforcer les patrouilles transnationales et le partage de renseignements avec le Rwanda, la Tanzanie et la RDC.
- Améliorer la gestion des feux de brousse grâce à la prévention, à une intervention précoce et à la restauration des habitats.
- Accroître les revenus du tourisme durable afin de financer les opérations essentielles de lutte contre le braconnage.
Dernière vérification : août 2026. Les données de conservation évoluent — consultez les sources citées pour obtenir les chiffres les plus récents.
Questions fréquentes
Quelle est la principale menace liée au braconnage au Burundi ?
La chasse à la viande de brousse — l'abattage illégal de petits mammifères, d'antilopes, d'oiseaux et d'autres animaux forestiers pour la subsistance et la vente commerciale — constitue la principale menace de braconnage dans les aires protégées du Burundi. Contrairement au braconnage des éléphants et des rhinocéros qui fait la une en Afrique orientale et australe, la criminalité liée aux espèces sauvages au Burundi est alimentée par la demande locale et régionale de viande de brousse. Cette « crise invisible » touche chaque année des millions d'animaux, mais reste souvent absente des statistiques mondiales.
Quelles aires protégées du Burundi disposent de gardes anti-braconnage ?
Les trois principales aires protégées du Burundi — le parc national de Kibira, le parc national de Rusizi et le parc national de Ruvubu — emploient des équipes de gardes chargées des patrouilles anti-braconnage. Kibira est la plus grande réserve forestière ; Rusizi protège les zones humides et les populations d'hippopotames ; et Ruvubu se concentre sur les habitats de savane et les zones riveraines. Toutes trois subissent la pression du braconnage et renforcent leurs capacités avec le soutien d'organisations régionales et internationales de conservation.
Quel financement la lutte contre le braconnage reçoit-elle au Burundi ?
Les chiffres précis pour le Burundi ne sont pas disponibles publiquement, mais environ $260 millions sont dépensés chaque année dans le monde pour lutter contre la criminalité liée aux espèces sauvages dans 67 pays d'Afrique et d'Asie — un montant réparti de manière très dispersée sur le continent. Le Burundi n'en reçoit qu'une faible part, souvent sous la forme de financements de bailleurs liés à des projets plutôt que d'un soutien structurel durable. Les déficits de financement restent une contrainte majeure pour le recrutement, la formation et l'équipement des gardes.
Quel rôle les communautés locales jouent-elles dans la lutte contre le braconnage ?
La mobilisation des communautés est essentielle à la réussite de la lutte contre le braconnage. Les populations locales sont formées comme gardes de la faune, effectuent des patrouilles et signalent les activités de braconnage. Les agents de sensibilisation communautaire répondent aux doléances locales (dégâts aux cultures, accès à l'eau) et instaurent la confiance entre les communautés et les autorités des parcs. La formation aux moyens de dissuasion non létaux aide les agriculteurs à protéger leurs cultures sans tuer d'animaux, réduisant ainsi les conflits entre humains et animaux susceptibles de dégénérer en braconnage. Les patrouilles à moto menées par des gardes communautaires se sont révélées efficaces pour réduire le braconnage de viande de brousse dans les réserves d'Afrique de l'Est.
Comment les feux de brousse menacent-ils la faune sauvage au Burundi ?
Les aires protégées du Burundi sont régulièrement touchées par des feux de brousse — certains volontaires (pour défricher des terres destinées à l'agriculture ou à la chasse), d'autres accidentels — qui détruisent des habitats essentiels et fragmentent les corridors de déplacement de la faune. Lorsque la végétation brûle, les animaux sont repoussés vers des terres agricoles non protégées et deviennent des cibles plus faciles pour les braconniers. La gestion des incendies et la restauration des habitats sont des priorités sous-financées. La loi burundaise interdit les incendies dans les aires protégées et son application s'améliore, mais le stress climatique et l'expansion des zones habitées augmentent la fréquence des feux.
Quelle technologie est utilisée pour lutter contre le braconnage au Burundi ?
Les technologies avancées de lutte contre le braconnage — drones équipés de capteurs infrarouges, colliers de suivi de la faune dotés d'intelligence artificielle, systèmes d'alerte en temps réel — ont prouvé leur efficacité dans les réserves africaines mieux financées. Cependant, leur coût reste un obstacle pour les parcs burundais sous-financés. Le renforcement des capacités en matière de pilotage de drones et d'analyse des données est une priorité, avec le soutien d'organisations internationales de conservation. Dans la région, des organisations comme Animal Survival International ont fourni des drones à des unités anti-braconnage dans la région des chutes Victoria (Zimbabwe), avec des résultats mesurables.
Comment le financement du tourisme soutient-il la lutte contre le braconnage au Burundi ?
Le tourisme de safari durable génère des revenus pour la lutte contre le braconnage grâce aux droits d'entrée, aux paiements des guides et aux dépenses dans les lodges. Lorsque les visiteurs réservent des safaris dans les aires protégées du Burundi, les revenus sont réinvestis dans la gestion des parcs et les salaires des gardes. Le tourisme crée également une incitation économique pour les communautés à protéger la faune : des animaux vivants attirent les touristes et génèrent des emplois. Ce modèle d'« activité compatible avec la conservation » est essentiel pour réduire la pression du braconnage et offrir des alternatives aux moyens de subsistance fondés sur la chasse.
Que fait-on pour réduire la corruption parmi les gardes forestiers ?
Les gardes sous-payés sont vulnérables aux pots-de-vin proposés par les braconniers. Pour lutter contre la corruption, il faut améliorer les salaires, instaurer une gestion transparente, des mécanismes de responsabilisation et une surveillance communautaire. Des initiatives comme « For Rangers » fournissent une assurance vie et un soutien familial afin d'améliorer le moral et la motivation des gardes. Les données issues de la conservation des rhinocéros montrent qu'un meilleur moral, une direction visible, un équipement et une formation adaptés, ainsi que la reconnaissance des services exceptionnels réduisent la corruption et renforcent l'engagement des gardes.
Existe-t-il des initiatives transnationales de lutte contre le braconnage impliquant le Burundi ?
Oui. Les parcs du Burundi partagent des frontières avec le Rwanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo, tandis que les réseaux de braconnage opèrent au-delà des frontières. La coordination transnationale des gardes et les accords de partage de renseignements sont essentiels pour empêcher les braconniers d'exploiter les failles juridictionnelles. Le Burundi participe de plus en plus aux forums régionaux de conservation et s'inspire d'initiatives réussies comme celles de la région du Kilimandjaro, où le financement de l'Union européenne a soutenu les réseaux de gardes communautaires.
De quel pourcentage le braconnage a-t-il diminué dans des réserves africaines comparables ?
Dans les réserves bénéficiant d'investissements durables contre le braconnage, les résultats peuvent être spectaculaires. Au parc national de Nouabale Ndoki, en République du Congo, le renforcement des capacités des gardes a entraîné une baisse de plus de 70 % du braconnage des éléphants — de 18 animaux tués en 2020 à cinq en 2022. Au parc national de North Luangwa, en Zambie, aucun cas de braconnage n'a été enregistré depuis la réintroduction des rhinocéros en 2003, grâce à la mobilisation des communautés et à la formation des gardes. Les réserves du Burundi pourraient obtenir des résultats similaires avec des financements et un soutien constants.
Combien de gardes sont tués chaque année en protégeant la faune sauvage ?
Dans le monde, plus de 150 gardes sont tués chaque année dans l'exercice de leurs fonctions de protection de la faune. La lutte contre le braconnage est un travail dangereux, en particulier dans les zones de conflit ou face à des réseaux de braconnage armés. Même si le Burundi n'a pas connu les conflits de braconnage militarisés observés en Afrique centrale, la sécurité des gardes reste une préoccupation. Les bas salaires, les mauvaises conditions de travail et l'absence de soutien aux familles poussent les gardes expérimentés à partir, ce qui réduit les connaissances institutionnelles et l'efficacité opérationnelle.
V2Ui.sources
- 2024 END Wildlife Trafficking Strategic Review - United States Department of State(official)
- Strengthening community support for law enforcement and anti-poaching efforts - East Africa
- Anti-Poaching Operations: Anti Poaching Ranger Insights | Patrol
- Corruption and Rhino Conservation | Save the Rhino International
- African Parks: Protected Areas Management(official)
- #WildEye Eastern Africa - Oxpeckers
- Wildlife trade - Animal Survival International
- SC74 Inf. 6 - ICCWC Annual Report 2022
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