Corridors écologiques et habitats à Madagascar en 2026
La nouvelle carte des priorités de biodiversité de Madagascar, couvrant 44,5 millions d’acres (mars 2026), guide l’extension des corridors d’habitat. Les équipes de conservation reconnectent les forêts fragmentées afin de rétablir le flux génétique des lémuriens et des espèces endémiques — mais la déforestation menace les corridors d’ici 2040.

Corridors écologiques à Madagascar : état actuel (2026)
En mars 2026, Madagascar a identifié 44,5 millions d’acres de terres prioritaires — soit environ un tiers du pays — comme zones essentielles pour la protection des habitats et le développement des corridors. Fin mars 2026, 70 scientifiques, dont 50 Malgaches, ont achevé la première réévaluation complète des priorités de la biodiversité terrestre depuis 1995, créant une carte consensuelle qui indique directement où établir de nouvelles aires protégées et de nouveaux corridors écologiques. Dans cette zone prioritaire, le gouvernement de Madagascar a désigné 21 nouvelles aires protégées couvrant 4,5 millions d’acres en février 2026, portant le réseau national d’aires protégées à 22 millions d’acres. Cette expansion s’inscrit dans l’engagement officiel de Madagascar envers le Plan pour la biodiversité 30×30 — protéger 30 % de la planète d’ici 2030 — réaffirmé par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison en avril 2026.
Pourquoi les corridors écologiques sont essentiels à Madagascar
Madagascar abrite 1 016 espèces de vertébrés que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre. Pourtant, au cours des dernières décennies, la déforestation généralisée — due à l’agriculture sur brûlis, au pâturage du bétail et à l’exploitation forestière — a fragmenté les forêts de l’île en parcelles isolées. Lorsque les habitats se morcellent, les populations animales se retrouvent piégées, incapables de se déplacer d’une forêt à l’autre, de trouver des partenaires ou d’accéder à une alimentation variée. Cet isolement génétique entraîne une consanguinité, une moindre résilience des populations et un risque accru d’extinction.
Les corridors écologiques sont des bandes d’habitat connecté qui permettent aux espèces de se déplacer en toute sécurité entre les aires protégées et les fragments de forêt. Ils rétablissent le flux génétique — le déplacement de la diversité génétique entre les populations — essentiel à la survie à long terme. Pour les lémuriens endémiques de Madagascar et les autres animaux sauvages, les corridors peuvent faire la différence entre des populations florissantes et une extinction locale.
Actuellement, le parc national d’Andasibe-Mantadia et la réserve spéciale d’Analamazaotra — deux des forêts les plus importantes de Madagascar, abritant 12 espèces de lémuriens — restent isolés en raison de la déforestation qui a principalement défriché les forêts de liaison dans les années 1960. Les forêts sont désormais constituées de fragments séparés par des terres agricoles et des pâturages, ce qui limite fortement les déplacements de la faune.
Principaux corridors d’habitat en cours de développement
Corridor entre Andasibe-Mantadia et Analamazaotra
La Dr. Abigail Ross Foundation for Applied Conservation en est actuellement à sa troisième saison de construction d’un corridor écologique reconnectant ces deux aires protégées emblématiques. Le projet vise à :
- Replanter 1 500 plants d’arbres indigènes par hectare sur 150 hectares (370 acres) afin d’accroître la couverture de la canopée et la connectivité structurelle entre les fragments forestiers
- Soutenir et développer les pépinières locales d’arbres indigènes afin de garantir la disponibilité des plants à long terme
- Employer 12 membres des communautés locales pour préparer les terrains, planter les jeunes arbres et surveiller leur survie, assurant ainsi la gestion du projet et des retombées économiques locales
- Donner la priorité aux espèces d’arbres indigènes qui favorisent le développement des forêts anciennes et fournissent un habitat à la faune
Il s’agit d’un projet de restauration à l’échelle du paysage, centré sur les communautés, qui réunit des communautés malgaches, des organisations de conservation et des institutions internationales de recherche.
Corridors forestiers d’Ankeniheny-Zahamena et d’Ambositra-Vondrozo
Conservation International-Madagascar protège et restaure près de 700 000 hectares dans ces deux corridors essentiels depuis 1990. Les actions comprennent la prévention de nouvelles déforestations, la mise en œuvre de pratiques agricoles durables pour réduire l’érosion des sols et la création de mesures de protection pour les lémuriens menacés ainsi que pour d’autres animaux sauvages.
Restauration des forêts du bassin versant du lac Alaotra
Les forêts luxuriantes et les zones humides autour du lac Alaotra, dans le nord de Madagascar, abritent une faune vulnérable — notamment des lémuriens, des vontsira et une espèce rare de canard plongeur — tout en alimentant les rizières et les pêcheries dont dépendent les communautés locales. La forte érosion des sols due à la déforestation à grande échelle a dégradé toute la région. Conservation International-Madagascar, en collaboration avec la Priceless Planet Coalition, a lancé le projet Flagship Landscape Forest Restoration, un ambitieux programme de plantation d’arbres destiné à revitaliser les forêts autour du plus grand lac de Madagascar.
Les menaces : déforestation, perte du flux génétique et urgence climatique
Malgré les avancées récentes en matière de conservation, les corridors d’habitat de Madagascar subissent une pression croissante. Les études de modélisation montrent que si le rythme actuel de disparition des forêts se poursuit, une dégradation sévère des corridors surviendra vers 2040, avec une diminution importante du flux génétique attendue après cette date. Pour des espèces comme le lémurien vari noir et blanc du sud-est de Madagascar, les populations sont déjà consanguines au sein des aires protégées en raison de goulots d’étranglement démographiques passés ; une nouvelle perte de corridors aggraverait l’isolement et le déclin génétique.
Le changement climatique intensifie ces menaces. Madagascar connaît des sécheresses plus fréquentes et plus sévères dans le sud, ainsi que des cyclones et des inondations plus intenses dans les régions centrales et septentrionales, poussant des millions de personnes à migrer à travers le pays et accentuant la pression sur les forêts et les pêcheries. Le réchauffement des océans provoque également une mortalité massive des récifs coralliens, affectant les écosystèmes marins et les moyens de subsistance côtiers.
Environ 3,3 milliards de tonnes de carbone sont stockées dans les 9,5 millions d’hectares de forêts de Madagascar. La déforestation détruit non seulement les habitats de la faune, mais libère aussi du carbone, accélérant le changement climatique et réduisant la résilience naturelle de l’île face au climat.
Programmes et organisations de conservation à la tête de ces actions
Leadership gouvernemental et fondements scientifiques
Alain Liva Raharijaona, coordinateur du programme 30×30 au sein du ministère de l’Environnement et du Développement durable de Madagascar (MEDD), souligne l’importance de l’atelier de mars 2026 : "Pour la première fois depuis plus de trois décennies, nous savons exactement où concentrer nos efforts pour sauver la biodiversité terrestre de Madagascar. Cet atelier nous a apporté cette clarté, fondée sur les meilleures données scientifiques disponibles et portée collectivement par Madagascar."
L’atelier a été soutenu par Conservation Allies, Re:wild, Hempel Foundation, Rainforest Trust et Campaign for Nature. Il a réuni 70 participants représentant sept grands groupes taxonomiques. Le Dr. Steven Goodman, MacArthur Field Biologist au Field Museum of Natural History de Chicago et membre de l’Association Vahatra, en a souligné l’importance : "Une génération de scientifiques malgaches dirige désormais ce travail, en s’appuyant sur des décennies de collaboration internationale pour produire quelque chose qui leur appartient véritablement. Cette transition du leadership scientifique est aussi importante que les résultats présentés dans ce rapport."
Mise en œuvre sur le terrain : Wildlife Madagascar
Wildlife Madagascar étend ses activités dans les habitats essentiels de l’île. En 2026, l’organisation établira un quatrième site de terrain dans la forêt épineuse du sud de Madagascar, lancera un programme de bénévolat pleinement opérationnel à La Mananara et créera un nouveau camp de terrain dans la réserve spéciale d’Anjanaharibe-Sud (ASSR). Le plan stratégique de l’organisation (2025–2030) donne explicitement la priorité à la conception et à la mise en œuvre de corridors écologiques, avec pour objectifs de :
- Concevoir des corridors qui relient les habitats essentiels et intègrent les voies naturelles de dispersion
- Déterminer la largeur et la taille appropriées des corridors afin de permettre le passage sécurisé des espèces
- Travailler en étroite collaboration avec les partenaires et les acteurs locaux lors de la planification et de la mise en œuvre
- Suivre les déplacements de la faune grâce à des pièges photographiques afin d’évaluer l’efficacité des corridors et d’identifier les obstacles ou les risques
Wildlife Madagascar a également signé des protocoles d’accord (MOUs) avec The Great Projects et Rewild Safaris, faisant venir des bénévoles internationaux et des voyageurs engagés dans la conservation sur des sites de terrain comme La Mananara, la réserve spéciale d’Anjanaharibe-Sud et le parc national de Tsingy de Namoroka à partir de mai 2026. Une partie des recettes de chaque programme soutient les efforts de conservation de Wildlife Madagascar.
Protection et restauration des habitats menées par les communautés
L’initiative SOS Lemurs, soutenue par l’UICN, a accordé 49 subventions de taille moyenne à 26 organisations de la société civile actives dans tout Madagascar. Tous les projets financés aident les communautés locales à réduire la destruction des habitats et la chasse aux lémuriens grâce à un ensemble d’actions de conservation, notamment :
- La protection et la gestion des habitats pour prévenir l’exploitation forestière illégale, le braconnage et l’empiètement sur les terres
- Le renforcement des patrouilles forestières grâce à l’augmentation du nombre de gardes et de la fréquence des patrouilles
- La fourniture aux patrouilleurs des outils et ressources nécessaires pour détecter les situations d’urgence et y répondre
- Le développement de l’écotourisme comme solution économique de remplacement directe pour les communautés locales
Utilisation durable de la faune et sécurité alimentaire des communautés
La Wildlife Conservation Society met en œuvre à Madagascar le programme Sustainable Wildlife Management (SWM), en collaboration avec le gouvernement. Celui-ci encourage l’exploitation durable des espèces sauvages non protégées et accroît les sources alternatives de protéines afin de remplacer la consommation de viande de brousse. Cette approche concilie sécurité alimentaire locale et protection des espèces, en donnant aux communautés des incitations économiques à préserver les corridors écologiques et les aires protégées.
Duke Lemur Center et gestion des aires protégées
Le Duke Lemur Center gère des programmes de conservation in situ dans le parc national de Ranomafana et le parc national de Marojejy. Il soutient des modes de vie durables sur le plan environnemental, notamment grâce à des foyers économes en combustible, au reboisement, à la formation à l’agriculture durable, à la production de charbon vert, à la planification familiale et à la formation de gardes locaux. Ces programmes garantissent que l’application de la loi est dirigée localement et que les bénéfices de la conservation sont partagés avec les communautés.
Extension et connectivité du réseau d’aires protégées
Le système d’aires protégées de Madagascar comprend désormais 43 aires protégées — 27 parcs nationaux, 14 zones de gestion des habitats et des espèces ou réserves spéciales, et 2 réserves naturelles intégrales — gérées par Madagascar National Parks (MNP). La désignation de 21 nouvelles aires protégées en février 2026 apporte une couverture stratégique aux lacunes essentielles de la biodiversité identifiées lors de l’atelier de mars 2026.
En plus des parcs gérés par le gouvernement, 3 corridors forestiers protégés sont gérés par des ONG pour le compte du gouvernement, couvrant environ 1 million d’hectares. Ces corridors servent de tissu conjonctif entre les grandes aires protégées, permettant aux espèces de se déplacer et rétablissant le flux génétique.
| Type d’aire protégée | Nombre | Gestion |
|---|---|---|
| Parcs nationaux | 27 | Madagascar National Parks (MNP) |
| Zones de gestion des habitats et des espèces et réserves spéciales | 14 | Madagascar National Parks (MNP) |
| Réserves naturelles intégrales | 2 | Madagascar National Parks (MNP) |
| Corridors forestiers protégés | 3 | ONG pour le compte du gouvernement |
| Nouvelles aires protégées (février 2026) | 21 | Madagascar National Parks (MNP) |
Comment le tourisme soutient la conservation des corridors
Les recettes touristiques sont essentielles au financement de la protection des habitats et de la restauration des corridors. Le tourisme de safari à Madagascar génère des revenus qui soutiennent directement la gestion des parcs, les patrouilles des gardes et les incitations destinées aux communautés pour protéger la faune. Lorsque les voyageurs visitent les aires protégées et séjournent dans des lodges engagés dans la conservation, les droits d’entrée, les frais d’hébergement et les paiements aux guides bénéficient aux communautés locales et aux organisations de conservation.
Les partenariats écotouristiques de Wildlife Madagascar avec The Great Projects et Rewild Safaris illustrent ce modèle : les visiteurs découvrent directement la biodiversité unique de Madagascar tout en finançant les actions de terrain en faveur des corridors. Les voyages axés sur la conservation permettent aux visiteurs internationaux d’observer la restauration des habitats, de rencontrer les gardes locaux et de comprendre l’urgence de la connectivité pour les espèces endémiques comme les lémuriens.
Vous pouvez réserver sur SafariFind des safaris à Madagascar qui soutiennent la conservation des aires protégées et les sites de restauration des corridors, en choisissant un lodge et un guide dont l’activité contribue à la protection des habitats.
Défis et revers : financement, risques politiques et urgence
Malgré la clarté scientifique et l’engagement du gouvernement, les projets de corridors d’habitat à Madagascar se heurtent à d’importants obstacles :
Vulnérabilité du financement
Les programmes de conservation à Madagascar dépendent fortement des subventions et du soutien de donateurs internationaux. Pendant la pandémie de COVID-19, de nombreuses organisations ont subi une baisse de leurs financements, l’arrêt des activités de soutien aux communautés et la perte de revenus liés à la recherche. Même si les partenariats touristiques se développent en 2026, l’instabilité des financements reste un risque à long terme pour l’entretien des corridors et les patrouilles des gardes.
Incertitude politique
Bien que le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison ait réaffirmé l’engagement de Madagascar envers le programme 30×30 en avril 2026, l’étude précise que "pendant les périodes d’incertitude politique, l’engagement de Madagascar envers ce travail est resté inébranlable." Un soutien gouvernemental durable est indispensable pour protéger les corridors et faire respecter la loi contre l’exploitation forestière illégale et le braconnage.
Pression temporelle : le point de bascule de 2040
Les études de modélisation indiquent que si les taux actuels de déforestation se poursuivent, une dégradation importante des corridors surviendra vers 2040, avec une accélération de la perte du flux génétique après cette date. Les 14 prochaines années sont donc déterminantes pour établir les corridors et restaurer les habitats. Des retards dans le financement, la mise en œuvre ou l’engagement politique pourraient entraîner une fragmentation irréversible.
Activités illégales et application de la loi
Même au sein des aires protégées, l’exploitation forestière illégale, le braconnage et l’empiètement sur les terres restent des menaces persistantes. Pendant la pandémie, Madagascar National Parks a signalé une hausse des activités illégales dans les parcs en raison de la réduction des capacités de surveillance. Le renforcement des patrouilles des gardes et du suivi par les communautés — comme le font SOS Lemurs et d’autres programmes — nécessite un financement durable et une mobilisation locale.
Réussites récentes et dynamique positive
Atelier sur la biodiversité et carte consensuelle de mars 2026 : L’achèvement de la première réévaluation complète des priorités de la biodiversité terrestre depuis 1995, avec un leadership scientifique malgache à 70 %, représente un tournant historique vers une stratégie de conservation conçue et portée localement.
Extension des aires protégées en février 2026 : La désignation de 21 nouvelles aires protégées couvrant 4,5 millions d’acres démontre que le gouvernement donne suite à son engagement 30×30 et assure une protection juridique aux lacunes essentielles de la biodiversité.
Avancées du corridor d’Andasibe-Mantadia : Trois saisons de reboisement actif et d’emploi communautaire dans le corridor reliant deux forêts emblématiques témoignent d’une restauration mesurable des habitats.
Partenariats écotouristiques (2026) : Les protocoles d’accord conclus par Wildlife Madagascar avec The Great Projects et Rewild Safaris témoignent de l’intégration croissante du tourisme de conservation, en reliant les dépenses des visiteurs internationaux aux actions de terrain en faveur des habitats.
Programme de subventions SOS Lemurs : Les 49 subventions accordées à 26 organisations de la société civile à travers Madagascar illustrent l’ampleur de la protection des habitats et de la conservation des lémuriens menées par les communautés.
Comment les voyageurs peuvent soutenir les corridors d’habitat de manière responsable
- Choisissez des lodges et des opérateurs engagés dans la conservation : Séjournez dans des établissements qui financent explicitement la protection des habitats, emploient des gardes locaux et soutiennent le développement des communautés. Les opérateurs partenaires de Wildlife Madagascar (The Great Projects, Rewild Safaris) consacrent leurs recettes à la restauration des corridors.
- Soutenez le tourisme communautaire : Faites appel à des guides locaux, visitez des réserves communautaires et participez à des expériences de conservation bénévoles. Ainsi, vos dépenses bénéficient directement aux personnes qui protègent les corridors.
- Visitez les aires protégées et les sites de corridors : Andasibe, Ranomafana et les parcs nationaux de Marojejy sont des points d’ancrage des corridors. Les droits d’entrée et les paiements aux guides soutiennent les patrouilles et la gestion des habitats.
- Informez-vous sur les espèces endémiques et la perte des habitats : Comprendre l’importance des corridors — pour les lémuriens, les caméléons et la biodiversité unique de Madagascar — vous aide à sensibiliser votre entourage à l’urgence de la conservation.
- Évitez les produits issus du trafic d’espèces sauvages et les pratiques non durables : N’achetez pas de produits fabriqués à partir de lémuriens ou de reptiles et évitez les activités qui favorisent la perturbation des habitats ou la capture d’animaux sauvages.
- Soutenez directement les organisations : Faites un don à Conservation International-Madagascar, Wildlife Madagascar, Duke Lemur Center ou aux partenaires de SOS Lemurs qui œuvrent à la restauration des corridors et à la conservation communautaire.
La suite : 2026–2030 et au-delà
Le Plan pour la biodiversité 30×30 de Madagascar et la carte consensuelle scientifique de mars 2026 offrent une feuille de route pour la prochaine décennie. La réussite dépendra de financements durables, d’un engagement politique constant et de la participation des communautés. Le point de bascule de 2040 — date à laquelle une perte importante du flux génétique et une dégradation des corridors sont prévues — impose d’agir rapidement. Chaque hectare de forêt reconnecté, chaque garde formé et chaque communauté encouragée à protéger les habitats d’ici 2030 renforcent la résilience des espèces endémiques de Madagascar.
Les corridors écologiques ne sont pas de simples infrastructures de conservation ; ils sont les lignes de vie de certaines des espèces les plus uniques et les plus menacées de la planète. À Madagascar, ils incarnent l’espoir de réparer des paysages fragmentés, de rétablir le flux génétique et de permettre aux humains et à la faune de prospérer ensemble.
Dernière révision : août 2026. Les données de conservation évoluent — consultez les sources citées pour connaître les chiffres les plus récents.
Foire aux questions
Qu’est-ce qu’un corridor écologique et pourquoi Madagascar en a-t-il besoin ?
Un corridor écologique est une bande d’habitat connecté qui permet aux animaux de se déplacer en toute sécurité entre les aires protégées et les fragments de forêt. Madagascar en a besoin car la déforestation a fragmenté les forêts en parcelles isolées, piégeant les populations et empêchant le flux génétique. Sans corridors, des espèces comme les lémuriens deviennent consanguines et sont menacées d’extinction. L’atelier sur la biodiversité de mars 2026 a identifié 44,5 millions d’acres de terres prioritaires — environ un tiers de Madagascar — où des corridors devraient être établis pour rétablir la connectivité.
Combien de nouvelles aires protégées Madagascar a-t-il créées en 2026 ?
En février 2026, le gouvernement de Madagascar a désigné 21 nouvelles aires protégées couvrant 4,5 millions d’acres, portant le réseau national d’aires protégées à 22 millions d’acres. Cette expansion s’inscrit dans l’engagement de Madagascar envers le Plan pour la biodiversité 30×30 — protéger 30 % de la planète d’ici 2030 — officiellement réaffirmé par le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison en avril 2026.
En quoi consiste le projet de corridor d’Andasibe-Mantadia ?
La Dr. Abigail Ross Foundation for Applied Conservation reconnecte le parc national d’Andasibe-Mantadia et la réserve spéciale d’Analamazaotra — deux forêts emblématiques abritant 12 espèces de lémuriens. Le projet en est à sa troisième saison : il replante 1 500 plants d’arbres indigènes par hectare sur 150 hectares (370 acres), emploie 12 membres des communautés locales et soutient des pépinières d’arbres indigènes. L’objectif est de restaurer la continuité forestière qui permettait aux animaux de se déplacer et qui a été défrichée dans les années 1960.
Quand les corridors d’habitat de Madagascar subiront-ils une dégradation critique ?
Les études de modélisation montrent que si le rythme actuel de disparition des forêts se poursuit, une dégradation importante des corridors surviendra vers 2040, avec une forte accélération de la perte du flux génétique après cette date. Les 14 prochaines années sont donc déterminantes pour établir et restaurer les corridors. Des retards dans le financement ou la mise en œuvre pourraient entraîner une fragmentation irréversible.
Combien de scientifiques malgaches ont dirigé l’atelier sur la biodiversité de mars 2026 ?
Parmi les 70 participants à l’atelier historique de mars 2026, 50 étaient des scientifiques représentant sept grands groupes taxonomiques, et 70 % d’entre eux étaient Malgaches. Cela représente une transition historique du leadership scientifique : une génération de chercheurs basés à Madagascar dirige désormais une stratégie de conservation portée collectivement par Madagascar pour la première fois depuis plus de trois décennies.
Quelles organisations travaillent sur les corridors d’habitat à Madagascar ?
Parmi les principales organisations figurent Conservation International-Madagascar (qui protège 700 000 hectares de corridors forestiers), Wildlife Madagascar (qui s’étend à quatre sites de terrain en 2026 grâce à des partenariats écotouristiques), la Dr. Abigail Ross Foundation (corridor d’Andasibe-Mantadia), l’initiative SOS Lemurs (49 subventions à 26 organisations de la société civile), Duke Lemur Center (programmes à Ranomafana et Marojejy) et Madagascar National Parks (qui gère 43 aires protégées). Wildlife Conservation Society met en œuvre des programmes de gestion durable de la faune.
Comment le tourisme de safari et l’écotourisme soutiennent-ils les corridors d’habitat ?
Les recettes touristiques financent les patrouilles des gardes, la protection des habitats et les incitations destinées aux communautés pour protéger la faune. Les partenariats de Wildlife Madagascar avec The Great Projects et Rewild Safaris (lancement en mai 2026) font venir des bénévoles internationaux et des voyageurs engagés dans la conservation sur les sites de terrain, une partie des recettes étant consacrée à la restauration des corridors. Les droits d’entrée, les frais d’hébergement et les paiements aux guides bénéficient aux communautés locales et aux organisations de conservation, créant des incitations économiques à protéger les habitats.
Quelles sont les principales menaces qui pèsent sur les corridors d’habitat de Madagascar ?
Les principales menaces sont la déforestation (due à l’agriculture sur brûlis et à l’exploitation forestière), les activités illégales (braconnage, exploitation forestière et empiètement sur les terres) et le changement climatique (qui provoque des sécheresses dans le sud et des cyclones intenses dans le nord). La vulnérabilité des financements et l’incertitude politique présentent également des risques. Si les taux actuels de disparition des forêts se poursuivent, une grave dégradation des corridors est prévue vers 2040, aggravant la perte du flux génétique et l’isolement des populations.
Quelle quantité de carbone est stockée dans les forêts de Madagascar ?
Environ 3,3 milliards de tonnes de carbone sont stockées dans les 9,5 millions d’hectares de forêts de Madagascar. À titre de comparaison, l’agriculture — l’utilisation des terres qui remplacerait les forêts défrichées — ne stocke que 100 tonnes de carbone par hectare. La déforestation détruit non seulement les habitats de la faune, mais libère aussi du carbone, accélérant le changement climatique et réduisant la résilience naturelle de Madagascar face au climat.
Qu’est-ce que l’initiative SOS Lemurs et qu’a-t-elle financé ?
L’initiative SOS Lemurs, soutenue par l’UICN, a accordé 49 subventions de taille moyenne à 26 organisations de la société civile actives dans tout Madagascar. Tous les projets financés travaillent avec les communautés locales pour réduire la destruction des habitats et la chasse aux lémuriens grâce à la protection des habitats, aux patrouilles forestières, à la formation des gardes et au développement de l’écotourisme. Les projets sont situés dans les principaux sites de biodiversité identifiés par la stratégie de conservation des lémuriens de Madagascar.
Comment les voyageurs peuvent-ils soutenir la conservation des corridors d’habitat à Madagascar ?
Les voyageurs peuvent choisir des lodges et des opérateurs engagés dans la conservation, comme les partenaires de Wildlife Madagascar, séjourner dans des sites de tourisme communautaire, visiter les aires protégées et les sites de corridors (Andasibe, Ranomafana, Marojejy), s’informer sur les espèces endémiques et la perte des habitats, éviter les produits issus du trafic d’espèces sauvages et faire directement un don à des organisations comme Conservation International-Madagascar, Wildlife Madagascar, Duke Lemur Center ou SOS Lemurs. Les droits d’entrée et les paiements aux guides soutiennent directement les patrouilles et la gestion des habitats.
Qu’est-ce que le Plan pour la biodiversité 30×30 et quel est l’engagement de Madagascar ?
Le Plan pour la biodiversité 30×30 est un objectif mondial visant à protéger 30 % de la planète d’ici 2030. Madagascar s’est officiellement engagé en faveur de ce plan, et le Premier ministre Mamitiana Rajaonarison a réaffirmé cet engagement en avril 2026. L’atelier sur la biodiversité de mars 2026 a identifié 44,5 millions d’acres — environ un tiers de Madagascar — comme terres prioritaires pour la protection. La désignation, en février 2026, de 21 nouvelles aires protégées couvrant 4,5 millions d’acres constitue une étape majeure vers la réalisation de cet objectif.
V2Ui.sources
- Soro Frankenbach, Author at Conservation Allies
- Madagascar | Conservation International
- Building a Wildlife Corridor Between Andasibe-Mantadia National Park and Analamazaotra Special Reserve — Dr. Abigail Ross Foundation for Applied Conservation
- Large-Scale Habitat Corridors for Biodiversity Conservation: A Forest Corridor in Madagascar | PLOS One
- Madagascar's nature is one of a kind | World Wildlife Fund
- World Bank Document
- Wildlife Madagascar Strategic Plan 2025-2030 - WILDLIFE MADAGASCAR
- SOS LEMURS INITIATIVE
- Publications | Wildlife Conservation Society Madagascar
- Overview: Madagascar Conservation Programs - Duke Lemur Center
- Fostering local involvement for biodiversity conservation in tropical regions: Lessons from Madagascar during the COVID‐19 pandemic - PMC(official)
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